[Update]France: Man sentenced to 7 years for alleged deliberate HIV transmission released under supervision order pending appeal

August 13, 2019

Source Ouest-France, August 13, 2019.  For Article in French, please scroll down. 

HIV transmitted to his partner: he is released before a new trial

Sentenced in June 2019 in Caen in a very rare case of contamination by HIV (AIDS virus), a man in his thirties appealed.

On Tuesday, August 13, 2019, he was released pending his new trial.

Friday, June 21, 2019, the Assize Court of Calvados sentenced a man of 37 years to seven years in prison for transmitting HIV to his ex

In this extremely rare case of “administration of harmful substance followed by permanent disability”, the jurors considered that he had acted knowingly and without informing his companion of his HIV status. The Congolese national appealed a few days later.

This Tuesday, August 13, 2019 in Caen, he returned to the examining chamber to decide on his continued detention. Because Jim (given name) was, before his trial, placed under judicial control, “that he always respected,” said his lawyer.

He disputes the charges, finding that his ex was informed of his condition. “He was able to believe that his viral load was under control since he was no longer given treatment” during a previous stay in prison, said his lawyer. The examining Chamber has granted his application for release but under strict judicial control. In particular, he must have a valid residence permit.


Condamné en juin 2019 à Caen dans une affaire très rare de contamination par le VIH (virus du sida), un trentenaire a fait appel. Ce mardi 13 août 2019, il a été remis en liberté en attendant son nouveau procès.

Vendredi 21 juin 2019, la cour d’assises du Calvados avait condamné un homme de 37 ans à sept ans de prison pour avoir transmis le VIH à son ex-compagne en 2012. Pour ce cas rarissime d’« administration de substance nuisible suivie d’infirmité permanente », les jurés avaient estimé qu’il avait agi sciemment et sans informer sa compagne de sa séropositivité.

Écroué, le ressortissant congolais a interjeté appel quelques jours plus tard. Ce mardi 13 août 2019 à Caen, il revenait à la chambre de l’instruction de se prononcer sur son maintien en détention. Car Jim (prénom d’emprunt) était, avant son procès, placé sous contrôle judiciaire, « qu’il a toujours respecté », rappelle son avocate. Il conteste les accusations, estimant que son ex était informée de son état. « Il a pu croire que sa charge virale était maîtrisée puisqu’on ne lui administrait plus de traitement » lors d’un précédent séjour en prison, souligne son avocate.

La chambre de l’instruction a fait droit à sa demande de remise en liberté, mais sous un contrôle judiciaire strict. Il devra notamment se munir d’un titre de séjour en règle.

Caen. Conjointe contaminée par le VIH : il est libéré avant un nouveau procès

 

Source: Ouest France, June 22.06.2019

7 years in jail for transmitting HIV to his partner

This Friday, June 21, 2019, the Assize Court of Calvados sentenced a 37-year-old man to seven years in prison for knowingly transmitting HIV to his ex-companion in 2012. There is often, in a lawsuit, a moment where the debate goes round in circles. The president Jeanne Chéenne took things in hand: “Monsieur you say to have been misinformed of your state of health, it is right? ” ” Yes. For once, the accused, father of four, handsome man, “Don Juan” of 37 years in the voice calm and assured, answers without hesitation. It is necessary to recognize that in this file, neither the context, nor the questions , and even less the answers are simple.

The man, who has already spent two years in pre-trial detention, is accused of knowingly transmitting HIV to his ex-companion in June 2012. In memory of the magistrate in Caen, we never had to rule on the subject. Twenty such affairs in France, at most.

From love at first sight to trial

For two days, the court listened to the accused recount his “normal” childhood in the Congo where he was born in 1982; his arrival in Europe; his many relations with women, parcelled with violence (two convictions amongst 22 other mentions in his criminal record).

The court also heard the investigator, the experts, the ex-companions of the defendant. And the woman sitting on the bench of the civil parties who tells of her “love at first sight”, the discovery of his HIV infection after sex without a condom and two years later of the betrayal of the one who is now the father of her daughter, non-carrier of the virus. “He knew from the beginning, he did not tell me anything. “

Friday morning, the second day of the trial, it is the medical record of the accused that is examined with a magnifying glass. “Mr. could transmit HIV in June 2012, he knew he was HIV positive. Contagiousness and high viral load are indicated, “says professor Jean-Christophe Plantier, virologist and expert. Could he not know that it was contagious? “In prison, I had no treatment, I was not given information about my viral load (an undetectable viral load and treatment followed avoid transmission but do not eliminate the virus, Ed). I was told that my situation was normal. I am patient, not a doctor.

“A criminal”

For Me Aline Lebret, the lawyer for the civil parties, he is really “a time bomb”. Attorney General Valérie Blot, who asked for 10 years in prison, goes further: “Someone who is HIV positive, who does not take a treatment, who is contagious and who transmits HIV, is a criminal.

Inaudible for his lawyer, Mr. Kian Barakat, traces the course of a “lonely boy, brave who does cleaning jobs to live”: “Madame took a risk, and it is impossible to say with certainty that it was Mr. who has contaminated Madame, the doctor confirmed it. The lack of certainty, in law, is called doubt and it must benefit the accused. I ask for acquittal. “I want to follow a path that is right, live happily,” the accused ends.

The accuser, her eyes full of tears, has already left the room. After three hours of deliberation, the court declares the accused guilty of administering injurious substance followed by permanent infirmity and sentenced him to seven years in prison with a detention warrant. He has ten days to appeal.

—————————————————————–

Sida. 7 ans de prison pour avoir transmis sciemment le VIH à son ex

Ce vendredi 21 juin 2019, la cour d’assises du Calvados a condamné un homme de 37 ans à sept ans de prison pour avoir transmis sciemment le VIH à son ex-compagne en 2012.

Il y a souvent, dans un procès, un moment où le débat tourne en rond. La présidente Jeanne Chéenne prend les choses en main : « Monsieur vous dites avoir été mal informé de votre état de santé, c’est bien ça ? » « Oui. » Pour une fois, l’accusé, père de quatre enfants, bel homme, « Don Juan » de 37 ans à la voix calme et assurée, répond sans louvoyer.

Il faut reconnaître que dans ce dossier, ni le contexte, ni les questions, et encore moins les réponses ne sont simples. L’homme, qui a déjà passé deux ans en détention provisoire, est accusé d’avoir sciemment transmis le VIH à son ex-compagne en juin 2012. De mémoire de magistrat caennais, on n’a jamais eu à statuer sur le sujet. Une vingtaine de dossiers en France, tout au plus.

Du coup de foudre au procès

Pendant deux jours, la cour a écouté l’accusé raconter son enfance « normale » au Congo où il est né en 1982 ; son arrivée en Europe ; ses nombreuses relations avec les femmes, émaillées de violences (deux condamnations parmi 22 mentions au casier judiciaire).

La cour a entendu aussi l’enquêteur, les experts, les ex-compagnes de l’accusé. Et la femme assise sur le banc des parties civiles qui, du bout des lèvres, raconte son « coup de foudre », la découverte de sa contamination au VIH après une relation sexuelle sans préservatif et deux ans plus tard celle de la trahison de celui qui est désormais le père de sa fille, non porteuse du virus. « Il savait dès le début, il ne m’a rien dit. »

Vendredi matin, au 2e jour du procès, c’est le dossier médical de l’accusé qui est ausculté à la loupe. « Monsieur pouvait transmettre le VIH en juin 2012, il savait qu’il était séropositif. Contagiosité et charge virale élevée sont indiquées », assure le professeur Jean-Christophe Plantier, virologue et expert.

Pouvait-il ignorer qu’il était contagieux ? « En prison, je n’avais pas de traitement, on ne m’a pas donné d’information sur ma charge virale (une charge virale indétectable et un traitement suivi évitent la transmission mais n’éliminent pas le virus, N.D.L.R.), on m’a dit que ma situation était normale. Je suis patient, pas médecin. »

« Un criminel »

Pour Me Aline Lebret, l’avocate des parties civiles, il est surtout « une bombe à retardement ». L’avocate générale Valérie Blot, qui a requis 10 ans de prison, va plus loin : « Quelqu’un qui est séropositif, qui ne prend pas de traitement, qui est contagieux et qui transmet le VIH, c’est un criminel. »

Inaudible pour son avocate, Me Kian Barakat, qui retrace le parcours d’un « garçon esseulé, courageux qui fait des ménages pour vivre » : « Madame a pris un risque, et il est impossible de dire la certitude que c’est monsieur qui a contaminé madame, le médecin l’a confirmé. L’absence de certitude, en droit, ça s’appelle le doute et il doit profiter à l’accusé. Je demande l’acquittement. » « Je veux suivre un chemin qui est droit, vivre heureux », termine l’accusé. L’accusatrice, les yeux chargés de larmes, a déjà quitté la salle.

Après trois heures de délibéré, la cour déclare l’accusé (1) coupable d’administration de substance nuisible suivie d’infirmité permanente et l’a condamné à sept ans de prison avec mandat de dépôt. Il a dix jours pour faire appel.


 

March 20, 2019 Source: Ouest France

Google translation – For article in French, please scroll down

Normandy. A man living with HIV is accused of having voluntarily transmitted the virus to his partner
A 36-year-old man with the human immunodeficiency virus (HIV) is suspected of having knowingly infected his ex-wife in 2012 in Bayeux. He will be tried by the Assize Court of Calvados in Caen on 20 and 21 June 2019.

Did he voluntarily transmit HIV (human immunodeficiency virus) to his ex-wife in 2012 in Bayeux? This will be the issue of the trial to be held in Caen, in front of the Calvados court, on Thursday 20 and Friday 21 June 2019.

For two days, a Congolese man, 36 years old, will be tried for “administration of a harmful substance followed by mutilation or permanent disability” towards his ex-wife.

Two years spent in pre-trial detention
After spending two years in pre-trial detention in this unusual case, the accused was released by decision of the investigating division of the Caen Court of Appeal on 6 March 2018.

The defendant will therefore appear freely before the assize court. Her ex-girlfriend accuses her of hiding her HIV status from her while they were having an affair in Bayeux between June 1 and August 17, 2012. “The facts are disputed by my client,” explains Kian Barakat, the defense attorney.


 

Normandie. Séropositif, il est accusé d’avoir transmis volontairement le virus à sa compagne

Porteur du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), un homme de 36 ans est soupçonné d’avoir, en connaissance de cause, contaminé son ex-compagne en 2012 à Bayeux. Il sera jugé par la cour d’assises du Calvados, à Caen, les 20 et 21 juin 2019.

A-t-il transmis le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) volontairement à son ex-compagne, en 2012, à Bayeux ? Ce sera l’enjeu du procès qui se tiendra à Caen, devant les assises du Calvados, les jeudi 20 et vendredi 21 juin 2019.

Durant deux jours, un Congolais, 36 ans, sera jugé pour « administration de substance nuisible suivie de mutilation ou infirmité permanente » envers son ex-compagne.

Deux années passées en détention provisoire

Après avoir passé deux ans en détention provisoire dans cette affaire peu commune, l’accusé avait recouvré la liberté par décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Caen le 6 mars 2018.

Le mis en cause comparaîtra donc libre devant la cour d’assises. Son ex-compagne lui reproche de lui avoir caché sa séropositivité alors qu’ils entretenaient une liaison à Bayeux entre le 1er juin et le 17 août 2012. « Les faits sont contestés par mon client », explique Kian Barakat, l’avocate de la défense.



March 14, 2018 – Source: Ouest France

HIV transmission: Spouse Released Under Judicial Supervision

Prosecuted for contaminating his partner, an HIV-positive Congolese had been in custody for two years. He will be released. So has decided the Court of Appeal of Caen, this Tuesday, on March 6, 2018.

On March 11, 2018, Jim * will have his freedom. He will have reached the end of the maximum period of detention while on remand: two years. This 32-year-old Congolese had been imprisoned since 2016. It is an unusual case. It started with Lisa *’s complaint in March 2014.

Jim’s spouse, she accused him of hiding his HIV status at the beginning of their relationship, in June 2012, between Bayeux and Saint-Lô. While they first used protection, they move quickly to sex without a condom. But in August 2012, Lisa complains of migraines and fatigue. He would then have confided: he had, probably, transmitted HIV, which he has just contracted.

The couple continued to have unprotected sex, and even had a child. Lisa is treated with tri-therapy to counter the virus. But in 2014, searching through the affairs of his spouse, the young woman discovered that he knew of his HIV status well before 2012.

An “egocentric personality”

A complex investigation starts. The old liaisons or concubines of Jim are identified. One is also HIV-positive, but Jim did not hide from her that he was carrying the virus. Several ex-companions say he was “violent” towards them.

A professor at the University Hospital of Caen was asked for his expertise in virology. He estimated that Jim was contaminated in 2004, that he knew it since 2006. Described as an “egocentric personality with a tendency to manipulation” by a psychologist expert, the Congolese with a heavy judicial past does not follow his treatment.

An important consideration was raised in the procedure, the general counsel: the prisoner is indicted for “administration of harmful substance followed by permanent disability by concubine”. “However the medical expertise that would have confirmed either total incapacity for work (ITT) or permanent disability is lacking: we are not sure about the criminal characterization of the facts. ”

In addition, the prolongation of detention on remand can only be carried out in case of necessary investigations to be continued. A potential victim is still to be contacted, “but she has already been known to the investigating judge for several years,” the prosecution notes. Continued detention cannot therefore be supported.

The court ruled that Jim could be released. It will nevertheless be placed under judicial control, and must have no contact with witnesses and victims, and he has to sign-in regularly.

Published in Ouest France on March 14, 2018

————————————————–

Contamination au VIH : le conjoint libéré sous contrôle judiciaire

Poursuivi pour avoir contaminé sa compagne, un Congolais séropositif était en détention provisoire depuis deux ans. Il sera remis en liberté. Ainsi en a décidé la cour d’appel de Caen, ce mardi 6 mars 2018.

Le 11 mars 2018, Jim* retrouvera la liberté. Il sera arrivé au bout de la durée maximale d’une détention provisoire : deux ans. Ce Congolais âgé de 32 ans était écroué depuis 2016, dans le cadre d’une affaire peu commune. Elle démarre par la plainte de Lisa*, en mars 2014.

Conjointe de Jim, elle l’accuse de lui avoir caché sa séropositivité au début de leur relation, en juin 2012, entre Bayeux et Saint-Lô. D’abord protégés, leurs rapports se font rapidement sans préservatif. Mais en août 2012, Lisa se plaint de migraines et de fatigue. Il se serait confié : il lui a, sans doute, transmis le VIH, qu’il vient de contracter.

Le couple continue d’avoir des rapports sexuels non protégés, et a même un enfant. Lisa est soigné par tri thérapie pour contrer le virus. Mais en 2014, en fouillant dans les affaires de son conjoint, la jeune femme aurait découvert qu’il avait connaissance de sa séropositivité bien avant 2012.

Une « personnalité égocentrique »

Une enquête complexe démarre. Les anciennes liaisons ou concubines de Jim sont identifiées. L’une est également séropositive, mais Jim ne lui avait pas caché être porteur du virus. Plusieurs ex-compagnes indiquent qu’il était « violent » avec elles.

Un professeur du CHU de Caen est sollicité pour son expertise en virologie. Il estime que Jim a été contaminé en 2004, qu’il le savait depuis 2006. Décrit comme une « personnalité égocentrique avec tendance à la manipulation » par un expert psychologue, le Congolais au lourd passé judiciaire ne suit pas son traitement.

Souci de taille dans la procédure, que soulève l’avocate générale : le détenu est mis en examen pour « administration de substance nuisible suivie d’infirmité permanente par concubin ». « Mais il manque l’expertise médicale qui aurait fixé soit l’incapacité totale de travail (ITT) ou l’infirmité permanente : nous n’avons pas de certitude sur la qualification criminelle des faits. »

En outre, la prolongation de la détention provisoire ne peut se faire qu’en cas de nécessaires investigations à poursuivre. Il reste une victime à potentielle à contacter, « mais déjà connue du juge d’instruction depuis plusieurs années », note l’accusation. Elle ne peut soutenir le maintien en détention.

La cour a décidé que Jim pouvait être remis en liberté. Il sera néanmoins placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact avec témoins et victimes, et obligation de pointer.